TOULOUSE
Leurs styles et leur manière de marquer leur époque sont pourtant si différents… Le premier si novateur, mais encore emprunt d’une forme de nostalgie du romantisme, l’autre capable d’un discours totalement inclassable aux influences « exotiques » et parfois jazz. Mais tous deux d’incroyables maîtres de la couleur sonore, se fondant ainsi parfaitement dans leur époque qui voit naître le mouvement impressionniste, mais aussi un renouveau du classicisme à la française. À dix ans d’intervalle ils composent chacun leur seul et unique quatuor à cordes, deux chefs d’œuvres éblouissants à l’écriture magistrale, cocorico !
Le franco-vénézuélien Reynaldo Hahn est moins connu pour sa musique instrumentale que pour son œuvre vocale, mais ce premier quatuor, composé en 1939, révèle un style au charme mélodique absolument délicieux. S’il est connu pour sa relation sentimentale avec Marcel Proust, il nous y livre un clin d’œil à son amitié pour Alphonse Daudet à travers le mouvement intitulé Récit et chanson de Provence. Une découverte à déguster sans modération.