TOULOUSE
Andrea Jiménez, ou plutôt son double qu’elle interprète, a des comptes à régler avec son père. Et pour cause, il n’a jamais franchi le seuil d’un théâtre, alors que sa fille préférée est metteuse en scène. Qu’à cela ne tienne, l’artiste espagnole n’a pas dit son dernier mot. Son Casting Lear lui permettra peut-être de trouver le père idéal.
Empruntant le personnage de Cordelia à la pièce de Shakespeare, Andrea Jiménez convoque Le Roi Lear comme une porte d’entrée vers une réflexion plus profonde. Face à elle, chaque soir, un nouvel acteur découvre le texte et interprète le rôle du père. Derrière l’ironie de la situation, elle met ainsi l’accent sur les figures parentales, qu’elles aient trait à la famille ou à nos références sociales et culturelles. À travers elles, ce sont les héritages qui sont questionnés, dans la manière dont ils nous forgent malgré nous. Une pièce qui joue avec la fragilité de l’instant, pour donner dans cette quête tout pouvoir au théâtre.