TOULOUSE
Le collagiste normand René Apallec (né en 1898) a vécu la Grande Guerre comme infirmier dans un service de chirurgie plastique. Cette expérience est à l’origine des 200 défigurations de généraux et maréchaux portraiturés, qui composent sa série des « Gueules cassées ». Développé peu après la fin des combats, ce travail dénonce l’absurdité de la guerre-boucherie, et les souffrances occultées des véritables
traumatisés de la face. Il tente peut-être aussi de libérer l’artiste de sa propre hantise. Cachés de son vivant, ces visages détruits et remodelés commencent aujourd’hui à acquérir une véritable reconnaissance nationale et internationale.