SETE
Serge Lask — peindre l’absence
Serge Lask élabore ses œuvres à partir de la copie scrupuleuse de textes en yiddish, une langue qu’il ne lit ni ne comprend, qu’il superpose et enchevêtre, et sur lesquels il colle des photographies de Chana, sa mère. Celle « qui n’était pas là », celle qui n’était plus là, déportée à Auschwitz en 1942 et gazée sans doute dès son arrivée.
Des simulacres plutôt que des photographies
Plutôt que de photographies, il faut parler de simulacres (photocopies, reproductions diverses) en l’absence d’images authentiques tirées sur papier glacé. « Je montre quelque chose qui n’était pas là », dit Serge Lask : pas là, plus là, égarée, perdue, disparue. De ceux dont le destin fut celui de Chana, il ne reste que des bribes, des fragments de souvenirs et des photos en vrac au fond d’un tiroir.
Une exposition à la croisée de la peinture, de la mémoire et de l’Histoire
Cette exposition convoque l’absence comme matière artistique, celle des millions de vies emportées, des visages et des corps réduits en cendres. Une œuvre profondément humaine, à la fois intime et universelle, qui fait résonner la mémoire de la Shoah dans les espaces de la galerie sétoise.